Le virtuose du pistolet
À vingt-six ans, Takao Nomura est l’un des visages les plus discrets de la Fondation Opale.
Il y est entré enfant, repéré trop tôt pour ignorer ce qu’il portait en lui : un regard qui ne vacillait jamais, une main toujours stable. Là où d’autres s’illustrent par la force ou l’éclat, lui n’a reçu qu’un don plus caché : Pistolero.
Mais chez lui, la précision n’est pas un geste mécanique. C’est un art, une discipline de chaque instant, une manière de respirer avec le monde avant de le traverser d’une balle. Dans le silence qui précède ses tirs, le temps semble se suspendre : chaque battement de cœur devient une mesure, chaque souffle un repère. Il ne tire pas souvent, mais il ne rate jamais.
Sa loyauté à la Fondation n’est pas un serment crié mais une évidence silencieuse, tissée jour après jour, dans l’ombre des autres. Certains disent que, hors du terrain, il parle peu, se contente d’observer le ciel ou de faire tourner son arme entre ses doigts comme on manipule un chapelet.
Il est devenu ce que beaucoup redoutent et que certains admirent : le Pistolero, figure discrète dont on ne retient que l’impact. Là où d’autres hésitent, il incarne le calme qui ne cède pas, la visée qui ne tremble pas, la certitude d’un geste accompli.

